02 / 08 - 11 : 27

Publié le par Mélusine SANTINA

 
Salut Luigi,
 

Je suis à mon bureau et je n'ai vraiment pas envie de travailler.

Je suis entrain de penser à toi. J'ai reçu ton mail ce matin et je t'imagine. Plutôt j'essaye de t'imaginer : Concombre ayant l'air d'une endive cuite...

 
Bon, ce n'est pas commun.
En plus, tu as fait du frigo…
Mmm… J'en ai l'eau à la bouche…
 

Le tableau est pas mal : Zorro, avec son masque de concombre et une pâle mine d'endive cuite, qui essaye de faire décoller un cerf-volant.

 

Je ne dirai qu'une chose, devant les circonstances que tu décris : je suis décidemment complètement séduite.

Et je crois qu'il manque cependant une chose au tableau : un peu comme dans "Frankenstein junior" après la réplique "cela aurait pu être pire : il aurait pu pleuvoir" et qu'un immense orage se déclenche sur les pauvres acteurs qui transportent un cadavre.

 

Eh bien j'ai le culot de t'imaginer en train de lancer ce cerf-volant et... dès qu'enfin, après beaucoup de patience et d'énergie, ce sacré cerf-volant ait bien voulu décoller, j'imagine qu'une énorme tempête se déclenche, en vous laissant (toi et le cerf volant) complètement trempés.

 

Ton passage sur ton désir de paternité m'a touché et inspiré une réflexion. A l'échelle de l'évolution de l'humanité, l'incapacité biologique des hommes à décider du moment où ils seront père leur a probablement inspiré toutes les stratégies de domination des femmes, qui malheureusement perdurent encore souvent… Cependant, la donne a changé et c'est vrai que c'est devenu plus difficile aujourd'hui de "garder" une femme et sa progéniture (d'ailleurs depuis quelques années, si mes renseignements sont exacts, l'origine des divorces seraient plutôt majoritairement à l'initiative des femmes)... D'abord parce qu'il semble que l'indépendance économique des femmes est acquise. Mais surtout, nous avons pris conscience que nous sommes les seules à être vraiment "maîtres" de notre procréation. Et ça, ça fait une vraie différence irréductible (enfin tant que le clonage ou la parthénogenèse ne seront pas normalisés…). Quel pouvoir nous avons pris sur vous… Quelle horreur finalement d'avoir conquis et acquis cette conscience, avant même d'avoir clarifié ce que les hommes et les femmes, en tant qu'individus distincts, ont à partager de destinée commune… Cependant, j'ai encore de l'espoir que nous nous réconcilierons un jour, que nous sortirons de ce chamboulement de repères, car à l'échelle de l'évolution des rapports homme/femme, nous sommes encore loin (malheureusement pour nous) d'avoir atteint l'amour et l'humanité que décrit Rilke.

 

Voilà à quoi je pense aujourd'hui, plutôt que de réfléchir à mes triangles de liquidation et à mes taux "in fine"...

 

Je te dis à bientôt et je te répondrai mieux ce soir de chez moi à ton mail.

 

En attendant, je te dis : encore et encore, j'aime bien te lire et j'aime bien recevoir tes mails.

Alors, écris-moi encore s'il te plait. Et même si je traîne un peu et si je réponds moins vite que toi, dis m'en quand même encore plus sur toi Je veux en savoir encore plus...

 
Mélusine

Publié dans LLV - 2 - La rencontre

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