02 / 08 - 20 : 04 - Jules : un des hommes de ma vie

Publié le par Mélusine SANTINA

 
Rebonjour Luigi,
 
Je vais répondre à ta question concernant mon fils.
 

Cette question, je l'ai différée, car c'est une question si difficile pour moi.

Où en suis avec mon fils ? Eh bien, je n'en sais rien.

 

Je ne suis pas une mère fantastique. Ayant si peu de structure en moi, j'ai déclenché le plan "ORSEC" quand j'ai dû l'éduquer seule. Il avait deux ans quand son père et moi nous sommes séparés (ou plutôt quand son père est parti).

 

Au début, je l'ai beaucoup gâté. Je voulais remplacer le manque de son père. Je n'avais pas compris que c'était impossible. Il a eu beaucoup d'amour, mais beaucoup trop d'amour. Et puis, quand il a eu 10 ans, je me suis aperçue que je faisais fausse route et que je le gâtais au sens propre du terme.

 

Alors, j'ai construit des limites, des interdictions. C'est une chose que je ne sais pas faire naturellement. Pour moi, faire plaisir à l'autre avait toujours été un de mes principes de base. Oui, je crois que je confondais pas mal de choses…

 

Une grande lutte en a découlé et j'ai appris, pour son bien, à tenir et à ne jamais reculer devant une punition ou devant le respect de ce que j'avais instauré. J'ai appris aussi à ne jamais céder à un quelconque chantage.

 

Dure et belle expérience, qui a duré dans le temps et qui dure encore aujourd'hui. Jules a toujours été aux frontières du "permis". Jules est plus intelligent que moi et certainement plus psychologue. Pour m'en sortir, j'ai dû mettre des règles claires et peu nombreuses, mais infranchissables et très précises.

Ensuite, il fallait trouver les punitions quand c'était nécessaire. Bref, pour moi qui était si bohème et si tête en l'air, toujours la tête dans les étoiles, mais absolument pas les pieds sur terre, cela a été une expérience et un travail de tous les jours.

 

Eva m'a aidée. Ma psy également. Et aujourd'hui, après avoir essuyé des haines assez énormes, je crois qu'il m'aime et commence à faire la paix avec moi et à me respecter en tant que personne. Jules est une personne assez remarquable. Il a un cœur qui me fait penser à du diamant brut.

Il brille beaucoup, il est très beau, mais il est très dur également. Il a vécu des situations difficiles et j'espère qu'un jour, il aura envie de faire un travail sur lui.

 

Je crois que nous arrivons à la fin de son éducation, du moins à celle que je peux lui transmettre. Il se prépare à partir à Bourges en septembre. Il part en apprentissage. Il sera 2 mois à la maison et 2 mois à Bourges en alternance. A priori, il va travailler sur la fusée Ariane 5. Cela semble lui plaire.

Voilà, notre histoire se termine et la sienne commence. Je suis contente qu'il aille de l'avant. Qu'il vive sa vie. Cela va me permettre également de vivre la mienne plus facilement.

J'ai toujours été surprotectrice (défaut des mères italiennes en général ? Pas de la mienne en tous les cas...). J'ai été une vraie chatte qui élève son chaton. Et j'ai eu si peur qu'il ne s'en sorte pas de cette éducation avec un père absent et une mère qui met les bouchées doubles pour se construire. J'en ai rempli des seaux de larmes.

Cependant, si j'ai été une mère tout à fait moyenne, il y a 2 choses que je crois avoir réussies et dont je suis contente : j'ai toujours fait le maximum de ce que je pouvais faire et j'ai toujours été très honnête (jamais de mensonges et jamais de tricheries).

 
Et aujourd'hui, mon chaton est devenu chat.
 
Voilà, A+, cher Luigi.
 
Mélusine.
 

PS : T'ai-je dit que mon frère s'appelle Luigi ? Il est médecin et il vit à Toulon. Je pense qu'effectivement et très curieusement, nous avons pas mal de points communs.

 

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