03 / 08 - 21 : 11

Publié le par Mélusine SANTINA

 
Salut Luigi,
 

Merci pour le mot si gentil que tu m'as envoyé tout à l'heure. J'ai bu les mots comme du petit lait. Que c'est doux à lire. Je l'ai imprimé et je l'ai relu plusieurs fois entre mes coups de marteau, que j'ai pris soin de toujours faire tomber à côté de mes doigts, à défaut d'avoir toujours réussi à les mettre dans le mille.

 

Je me rends compte tout à coup que je ne te connais pas. C'est étrange n'est-ce pas ? Je ne te connais pas et tu ne me connais pas et pourtant, tu as réussi à me passer des choses qui me font du baume au cœur. Il est très rare que cela arrive pour moi. Et j'arrive à te faire confiance alors que j'accorde très rarement ma confiance et en général après beaucoup de temps. Internet m'étonne et m'intéresse de plus en plus.

 

Je viens de relire ton mail et à nouveau, je ressens la même douceur. J'aime ce que tu m'écris et j'ai de la chance que tu veuilles bien communiquer avec moi.

 

Tu as dû remarquer que je n'avais pas répondu, ni fais allusion à la relation que tu vis actuellement avec ta compagne. J'ai effectivement évité dans parler jusqu'à présent. Pourquoi ? Eh bien ce n'est surtout pas parce que cela ne m'intéresse pas. J'ai tout lu et j'ai relu tous les passages qui concernent ta relation de couple. Et j'ai mis toute l'attention que je peux avoir dans ces lectures. Mais, je suis une vraie "cruche" dans les affaires de couples. Je n'ai jamais pu moi-même établir une relation qui n'a pas été une véritable cacophonie pour ne pas dire autre chose de plus percutant genre "cacaphonie" ou pire.

Je suis dans ce domaine une nouille et une vieille casserole sans subtilité et qui reste désastreusement avec l'impression de ne jamais comprendre l'essentiel, alors que d'autres semblent l'avoir déjà compris depuis si longtemps.

Voilà pourquoi, je ne peux rien dire. Je n'ai pas compris. Je ne pourrais dire que des banalités que je tiens d'autres et que je n'ai pas vécues. Voilà, mais si un jour je pense tout à coup quelque chose qui pourrait t'aider ou que je voudrais te dire et qui me semblera faire avancer les choses, je le ferai avec plaisir.

 

J'ai pourtant beaucoup bûché "l'Amour". J'ai lu beaucoup de livres écrits par des gens qui l'ont vécu, qui le vivent et qui l'écrivent pour aider les autres. J'ai trouvé certaines personnes qui en parlaient de façon qui me correspondait comme Rilke. Mais... Si j'ai appris à appliquer quelque chose jusqu'à présent, c'est plutôt ce que je ne veux pas vivre.

Aujourd'hui, j'arrive à ne plus vivre ce que je ne veux pas vivre. Conclusion ?... Je vis seule et sans ami depuis 3 ans maintenant. Rien qui concerne l'amour depuis 3 ans pour moi. Mais, bien que l'abstinence soit très dure, tu peux l'imaginer, je ne changerais cela pour rien au monde.

 

Au bureau et dans mon entourage, les gens se sont même posés des questions. Serait-elle homosexuelle ? Ils m'ont vu : elle est plutôt féminine, et pourtant elle vit seule ? Et mon chef m'a draguée. Restau, charme, gentillesse et œil séducteur… Mais, ... ce n'est pas ce que je veux vivre.

Voilà, je pense que l'amour et la façon de vivre l'amour est pour chacun si différente et si inhérente à la personne même. Certains aiment vivre des moments difficiles où l'on se déteste et où l'on se fait du mal, quelle horreur… Mais après tout, c'est la diversité qui fait si ce n'est la beauté, au moins l'intérêt du monde.

 

Pour ma part, vivre en couple et aimer un jour est un de mes buts essentiels. Je veux aimer et être aimer ; je voudrais construire un amour proche de celui dont parle Rilke. Je verrai bien dans l'avenir si cela se concrétise ou si cela n'était qu'un doux rêve de plus.

 

Mon fils vit actuellement une passion avec son amie. Il fait ses premières armes. Elle est très jolie, plutôt canon et avec beaucoup de charme, du cœur et du bagout. Je pense qu'elle aime Jules. Lui est sous le charme et ne s'appartient plus. Mais... Elle est très exigeante, elle critique Jules sans interruption et le plante souvent et l'engueule encore plus souvent. Lui est malheureux. Nous en avons parlé, il a même des problèmes sexuels depuis peu.

Et qu'ai je pu lui dire ? Eh bien tout ce que j'ai pu lui dire c'est de vivre ce qu'il avait besoin de vivre avec elle. Mais, qu'il devait quand même se poser la question à savoir "est-ce cela que j'ai envie que l'on fasse de moi et pour combien de temps ?". A part ça, je ne peux lui donner aucun avis.

Je suis là quand il est déprimé et je le console. Voilà ! Je l'aide également à constater que les colères qu'il essuie sont souvent des colères dirigées à tort contre lui. Elle a simplement mal vécu quelque chose et se retourne en le prenant pour responsable. Elle confond, c'est tellement plus simple de rendre l'autre responsable de son mal-être.

 

Une vrai cruche... mais je ne peux pas faire mieux pour l'instant... je ne désespère pas de trouver un jour, et je continue à chercher.

 

J'ai beaucoup parlé, et je n'ai pas trouvé grand-chose. Je n'ai plus beaucoup de place pour la suite, car je voulais également te parler de cette question de physique quantique qui me fait beaucoup réfléchir.

Ainsi, la physique quantique démontre qu'un homme qui pisse face vent n'est pas forcément synonyme de graves ennuis ?

Cela me dépasse et j'ai beau réfléchir, je ne vois pas.

 

J'ai essayé d'ouvrir un peu mon raisonnement :

J'envisage la scène suivante : un homme qui se promène, seul, dans une campagne. Il est en habits de cosmonaute avec combinaison, souliers de plomb et scaphandre. Il avance dans la campagne qui est si belle et il se sent tout à coup inspiré par cette belle nature. Il pisse face à un vent de force respectable (pas facile dans son attirail, mais passons sur les détails). Eh bien, d'après moi, tout lui revient dessus. Et c'est quand même ennuyeux non ?

 

Autre cas d'école : un plongeur sort de l'eau. Il est vêtu de sa combinaison, il sautille sur ses palmes et porte sa bouteille dans le dos avec masque et tuba sur la tête. Il est seul dans le silence de la plage. Seul le doux bruit des vagues et du vent (100 km/h) arrivent à ses oreilles. Inspiré par tant de beauté, l'envie de s'épancher survient. Il pisse sur le sable face au vent. Eh bien pour moi, mais également pour la loi de la gravitation universelle et la résultante physique de la force du vent, tout lui revient également dans la gueule. Et moi je serais drôlement ennuyée dans un tel cas.

 

Enfin, et plus courant, un promeneur parcourt la montagne. Pourtant, pourtant, que la montagne est belle, comment peut-on peut-t-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelle que... ? Sublime moment de détente, notre homme pisse face au vent. Short et chaussures de montagne... s'il fait chaud : petites chaussettes courtes. Eh bien, toujours selon moi, la nature lui rend tout ce qu'il lui a donné... et il se retrouve trempé des pieds à la tête.

 

Voilà, tu constates que je réfléchis beaucoup et que je ne suis pas du tout sur le chemin d'une quelconque solution. Tu veux bien m'aider à comprendre et éclairer ces zones d'ombres qui demeurent en moi ?

 

Bon, j'ai beaucoup parlé et j'espère ne pas trop t'avoir ennuyé.

 

Je te souhaite de faire à nouveau de supers rêves. (Au fait, tu ne m'a pas dit si tu avais rêvé de l'infirmière la nuit dernière)...

 
A+
 
Mélusine
 

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