13 / 08 - 02 : 12 - Dans les étoiles j'aime m'imaginer qu'il y a les êtres chers disparus que j'ai aimés...

Publié le par Luigi MANATA

Comment tu dis déjà ? Ce soir j'ai du vague à l'âme…

 

Ce n'est pas grave pour Hestia… De toute façon cette relation a de moins en moins de sens. Mon problème c'est surtout d'arriver à lâcher… et aussi que quand je donne mon amour en principe, ou par principe (ou par bêtise) je n'arrive plus à le reprendre. C'est quelque chose que je ne sais pas faire ou plutôt, je ne peux pas faire autrement, ça me dépasse… Je fais partie de ceux qui continuent à aimer même si je sais qu'il ne se passera plus jamais rien et je me demande si je suis bien normal, parce que je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui vit les choses comme moi à ce niveau là. D'ailleurs, même si certaines femmes que j'ai aimées m'ont fait subir les pires douleurs, je continue à penser à elles avec tendresse ; des années après j'en ai encore des pincements au cœur… Bon, c'est possible aussi que je sois tout simplement trop con… Il y a une réplique dans un film ("Le Mexicain", je crois) qui me correspond tout à fait : le tueur homosexuel demande à Julia Roberts "si elle aime vraiment, quand et comment elle peut savoir que c'est fini" et la réponse est "si on aime vraiment, on ne peut jamais savoir que c'est fini". C'est comme ça pour moi, je peux "choisir" de passer à autre chose ou contraint et forcé, accepter que ce soit fini pour l'autre, mais je n'ai jamais pu sentir que mon amour était fini… d'ailleurs, j'ai toujours vécu l'amour comme quelque chose qui ne peut que s'agrandir, plutôt que comme un sentiment que je pourrais donner et reprendre.

 

Cependant, il s'est passé une chose étonnante aujourd'hui. Pendant des semaines j'ai espéré qu'Hestia me dirait qu'elle passerait par Marvejols pour descendre chez sa mère vers Montpellier et qu'elle ferait une halte de quelques jours avec ses enfants (elle en a 2, Jérôme et Thibault, 13 et 15 ans). Elle prenait la route aujourd'hui. Je l'ai appelée sur son portable et c'est Jérôme qui a répondu. En lui demandant où ils étaient, pendant un instant j'ai cru qu'ils passeraient par ici. Et vois-tu, j'ai été saisi d'une angoisse terrible, une panique qui m'a pris d'un coup. Je ne voulais plus du tout qu'ils viennent… J'ai mis du temps à comprendre qu'ils n'étaient pas sur la bonne route et finalement je me suis senti soulagé quand j'ai complètement compris qu'ils ne viendraient pas ; ou comment se faire peur pour rien. Après, je t'ai appelée et j'ai aimé notre conversation. En plus, ce soir j'ai complètement oublié d'appeler pour savoir s'ils sont bien arrivés, alors que je voulais le faire… Quelque chose est en train de se briser en moi…

 

Au fait, c'était peut-être gênant que je t'appelle à ton travail, qui plus est sans que tu m'aies autorisé à le faire, puisque tu ne m'avais pas volontairement laissé ton numéro de téléphone dans ton message.

 

C'était quoi cette émotion ? Tu as le droit de sortir un joker… Pour moi c'était OK, j'aime de plus en plus te découvrir, en tout bien tout honneur bien sûr.

 

Je suis étonné que tu aies interrogé Jules à propos de ta haine, ça me laisse perplexe. Je ne suis pas sûr que ce soit une très bonne chose, et ça m'échappe que ce soit lui qui doive te dire ce que tu devrais savoir par toi-même, sur toi-même. Je ne sais pas quel type de relation vous avez, mais d'après ce que tu m'en dis je ne trouve pas ça très sain.

Tu auras remarqué comme je prends des pincettes, en vérité j'ai surtout envie de te dire : "et si tu lui foutais un peu la paix à Jules ? Surtout pour lui restituer nos échanges ; je ne crois pas que ça le regarde, même si ça peut le concerner…"

 

Après notre conversation finalement, j'ai taillé la route. J'aime rouler au hasard des fois, c'est comme une mise en pratique de mes errances intérieures. J'ai été à Chanac que je ne connaissais pas, mais il n'y avait rien à voir. Alors j'ai été à la Canourgue par de petites départementales. En me baladant dans ce petit village (qu'on appelle la petit Venise parce qu'il y quelques petits canaux qui sillonnent des rues), j'ai eu le bonheur de tomber sur une chorale (l'ensemble vocal Acanthe) qui répétait dans l'église, pour leur concert de ce soir. C'était beau, il y avait une acoustique extraordinaire. Je ne sais pas bien ce qu'ils chantaient (le concert s'appelle "Méli-mélo de polyphonies a Capella"), probablement des motets de la renaissance et des contemporains. Les voix étaient claires, cristallines même. Ça m'a fait du bien… et j'ai économisé un billet d'entrée.

 

Et ce soir, cette nuit, je ne sais pas quoi penser, ni même quoi sentir…

 

Bisous de la nuit (tiens ça me fait penser, qu'il va falloir que j'aille parler aux étoiles, ça fait trop longtemps que nous n'avons pas eu une petite discussion ensemble).

 

Luigi

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