21 / 08 - 00 : 18 - C'est la vie... et c'est souvent les parenthèses qui comptent le plus.

Publié le par Luigi MANATA

Chère Mélusine,

 

Je t'aurais bien appelée, mais je ne sais pas jusqu'à quelle heure je peux le faire sans te réveiller ou te déranger (ainsi que Jules et Cagna)…

 

Nos camarades inspecteurs ont décalé leur RDV à vendredi. Mais j'ai déjà à traiter 2 contentieux avec les impôts (genre même scénario où je leur avais déjà fait payer des intérêts moratoires). Je suis tombé sur une standardiste folle (ou bourrée)… elle m'a tenu 1 heure, je sais tout maintenant sur les petites histoires de ce centre des impôts. Elle est d'accord, le receveur est un connard, et je te raconterai la suite (c'est pas piqué des vers de terre) ; je sais tout de leurs coucheries internes et qui détestent qui… et j'ai un témoin, mon assistante, pour laquelle j'avais mis le haut-parleur qui n'avait jamais entendu ça de sa vie. Pour une fois qu'une administration m'offre une récréation, je n'allais pas bouder mon plaisir.

Je crois qu'ils ont muté dans ce centre tous leurs rebuts fraîchement échappés de l'asile.

Quel drôle de monde que celui des fonctionnaires… Le fonctionnariat, si l'on fait abstraction de l'estimable idée que ces gens auraient choisi ce métier pour se mettre au service de leur nation, est surtout peuplé de gens sans couleur qui se fondent dans leur corps respectif dans le meilleur des cas pour ne jamais sortir de l'enfance et dans le pire pour assouvir leur sentiment de toute puissance à l'abri d'une hiérarchie. Mais dans tous les cas, il est assez rare de tomber sur quelqu'un qui vit dans le même monde que toi… Tiens, ça me fait penser à une lettre (que je te joins à la suite, mais qu'au final je n'ai pas envoyée) que j'ai écrite un jour de colère pour me défouler sur des dirigeants de l'INSEE qui me persécutaient parce que je refusais de répondre à leur connerie… Il faut te dire que ces gens-là me font chier depuis 10 ans en me demandant des informations qu'ils pourraient avoir auprès des centres des impôts et que je leur réponds systématiquement le même courrier où je leur explique pourquoi je ne peux pas répondre quatre mois avant d'avoir clôturé les comptes et pourquoi je trouve leur démarche absurde… Ils ont quand même fini par me coller une amende et comme tu vas le constater ça m'a fait les "aimer" encore plus…

 

Comment tu n'as pas activé la sauvegarde automatique ???

 

Je te sens pensive… pourquoi futile ? Tout est bon à prendre si c'est donné (et si c'est donné c'est que tu le mérites).

 

Ce soir je m'endormais au bureau, tellement tout d'un coup je me suis senti claqué d'être là. Après un coup de fil de Hestia (toujours pour ne rien dire), le fait de devoir chercher une place pour me garer m'a largement ré-énervé (et confirmé qu'il faut vraiment être con de rouler dans Paris en voiture). En plus les flics faisaient une chasse à l'homme dans mon quartier (une dizaine de véhicules de la BAC mobilisés) et je te dis pas le bordel. Ils ont une technique que je ne connaissais pas, ils remontent les sens interdits et c'est pas la peine d'essayer de lutter (ils avaient leur tête des mauvais jours).

 

J'ai envie de te rencontrer, j'espère que c'est toujours OK. Il faut que je finisse de réparer ma moto, de ranger le foutoir que j'ai étalé chez moi en vidant les valises et je "passe à l'acte". Plutôt café ou plutôt restau ou plutôt autre ? Quoi que vu l'émotion prévisible un café suffira peut-être à nous caler le ventre…

 

Je t'embrasse doucement.

 

Luigi

 

PJ : La lettre à laquelle les dirigeants de l'INSEE ont échappé…

 

Messieurs,

 

Il faut que vous le sachiez, je vous emmerde aussi fort que j'emmerde tous les parasites technocrates, énarques, hiérarques, ploutocrates, bureaucrates, politicards et autres enculeurs de mouches, qui n’ont pas d’autres buts dans la vie que de faire perdurer leur place au chaud à l’abri des vrais problèmes, protégés par des lois adaptées à leurs privilèges qui leur donnent une toute petite jouissance de puissance pour les impuissants qu’ils sont…

 

Il faut que vous le sachiez, à fort juste raison vous exaspérez les gens qui travaillent, ceux qui pensent et qui produisent utile, en voulant vous faire croire et faire gober aux autres que vous détenez un savoir, que vous faites œuvre utile, et pire, en voulant nous faire croire que vous savez mieux que nous, que vous savez pour nous…

 

Il faut que vous le sachiez, à votre place, j'aurais déjà émigré au fin fond de la forêt amazonienne de honte ou avoué publiquement que je suis trop con (pas bête et même parfois intelligent, juste con) pour les problèmes à résoudre… Cela fait des années que des gens comme vous, nous abreuvent de conneries en essayant de nous faire croire qu'ils maîtrisent la situation, qu'ils savent ce qu'ils font, que leurs chiffres sont bons, qu'ils ont les solutions et que ça ira mieux demain. Mais qu'est-ce qui a vraiment changé, à part le nombre en croissance exponentielle de gens dans la misère, d'imbéciles qui ne vivent plus dans la vraie vie et de crétins qui s'imaginent qu'ils font œuvre grandiose en appliquant bêtement des lois.

 

Il faut que vous le sachiez, vous faites bien partie de la même race de fonctionnaires tortionnaires qui n'ont pas eu à répondre de leurs crimes après la guerre, qui sont restés en place, qui n'ont jamais demandé pardon et qui pour toute excuse ont ânonné "on ne savait pas, on obéissait aux ordres"…

 

Il faut que vous le sachiez, vous ne servez à rien, vous ne me servez à rien et contrairement à ce que vous pouvez penser vous n'êtes pas plus utiles à ceux que vous croyez servir ; vous permettez tout juste de justifier la place de vos maîtres qui ne vivent pas plus dans la vraie vie que vous.

 

C'est tout pour aujourd'hui et s'il vous restait un neurone de conscience humaine, à votre place je démissionnerais en faisant savoir que ma fonction ne sert à rien et qu'il est inutile de la remplacer et de continuer à collecter des impôts pour elle.

 

Et comme nous ne luttons pas à armes égales (puisque les lois protègent vos incompétences et votre bonne conscience), et que je n'ai aucune envie que vous veniez en plus me faire chier pour outrage parce que vous ne pouvez admettre certaines vérités, vous supporterez bien que cette lettre reste anonyme.

 

Le concombre masqué

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