04/12 - 19 : 29 - Une histoire qu'hélas la vie nous apprend à bien connaître...

Publié le par Mélusine SANTINA

 

Luigi,

 

Je pense que l'heure est venue. Je pense qu'il est temps que je fasse ce que je dois faire. Il est temps, avant que nous ne tombions dans des schémas si connus et que nous ne méritons de vivre ni toi, ni moi.

Quand nous nous sommes rencontrés, nous n'étions pas dans la même disposition. C'était clair : je voulais rencontrer un homme, le connaître et je ne sais même pas si je voulais plus si affinité. Tu voulais faire le point et comprendre ce qui se passait dans ton couple. Tu voulais apprendre à vivre autre chose.

Mais par la suite, j'ai compris ce que je voulais, c'était vivre une relation avec un homme. Vivre une relation vraie, une relation gentille et tranquille, un partage de vie. L'un aidant l'autre.

 

Nous avons vécu une fusion. Nous le savons tous les deux n'est-ce pas ? Un collage.

J'aurais dû savoir, je savais qu'il ne fallait pas aller aussi vite. D'autant que tu avais tout juste commencé ton deuil d'avec Hestia. Mais c'était si électrique, j'ai laissé aller. Et je me disais que nous étions tous deux intelligents et que nous saurions réagir quand l'électricité serait moins là. Que nos qualités respectives prendraient le dessus et qu'alors cette relation nous amènerait ses réels bienfaits et se souderait réellement.

 

Mais, il n'est pas si facile de sortir d'une fusion. La peur est là. La peur d'être envahi, la peur du monstrueux, on a envie de tuer l'autre en quelque sorte n'est-ce pas ?

 

Luigi, j'ai longtemps réfléchi, cela fait maintenant plusieurs jours et même deux semaines que je sais. Que je sais que notre relation ne me convient pas et que j'ai compris que notre relation ne te convient pas non plus. J'hésitais, je ne voulais pas, je cherchais une échappatoire. Il est temps aujourd'hui de nous quitter. Il est temps.

 

Je veux me donner mieux. Et je sais que tu mérites mieux aussi.

Je m'aperçois que notre relation m'apporte beaucoup de souffrance. Tu n'es pas responsable et je ne suis pas responsable de cela. Tu es une personne très évoluée et j'en suis une également (peut-être pas très mais je m'accroche), mais nous sommes des personnalités différentes qui par le contexte de vie et par la fusion vécue se font du mal. Et moi je souffre trop dans cette relation. Je souffre trop. Et nous allons nous faire de plus et de plus en plus de mal dans le futur. C'est le schéma. C'est comme cela.

 

La souffrance a fait partie de mon passé. Dans le présent, je n'en veux plus. Je ne veux plus qu'une relation m'en apporte. Je veux une relation joyeuse et enrichissante. Une relation avec un homme qui m'aimera dans la beauté de ma laideur. Une relation d'équilibre.

 

Hier, dans notre conversation, tu m'as dit que j'étais schizophrène. Eh bien oui, peut-être, le saurais-je jamais puisque le propre de cette maladie est d'être inconscient à l'individu qui la porte. Eh bien oui, peut-être que je le suis. Comment le saurais-je ? Et dans le cas où je le serais, où est le mal ? Où est le mal. Je suis névrosée aussi tu sais et sûrement plein d'autres choses. Sinon, pourquoi travaillerais-je depuis si longtemps en analyse ?

 

En ce qui concerne Jules, je ne crois pas non plus avoir été une bonne mère tu sais. Sinon pourquoi me serais-je jetée dans un travail psychologique dès que j'ai su que je serais seule pour l'éduquer ? Ce travail qui demande tant et tant d'énergie et d'argent alors que de l'énergie et de l'argent, c'est ce dont on dispose le moins quand on doit élever un bébé, puis un enfant, puis un jeune homme complètement seule.

Je sais tout cela. Je reconnais en toute humilité ne pas avoir été la meilleure mais plutôt la PIRE dans certaines circonstances de ma vie. Et alors ? Et alors...

Mais, il m'est très difficile de te l'entendre dire si brusquement. J'ai payé pour cela et je continuerai à payer mes erreurs dans le futur je suis d'accord pour le faire et cela me parait juste. Mais je souffre beaucoup, quand, dans nos discussions tu me le dis. Ma plaie est encore très très ouverte vois-tu ? Et ce n'est pas demain que cette plaie se refermera.

Que je suis une victime persécutante ! J'ai eu du mal à l'entendre. Oui, peut-être, oui peut-être. Et ensuite ? Et alors ?

Si ce sont des projections de ta part, je ne mérite pas de vivre cela. Et si ce que tu me dis est ce que tu ressens dans le moment, pourquoi continuer ce genre de relation ? Je n'ai pas envie de me donner ce type de chose.

Je veux autre chose d'une relation.

 

Moi, je veux aller au cinéma de temps en temps. Je veux un partage de temps en temps. Je veux que mon compagnon fasse des choses que j'aime avec moi et vice versa. Et je veux m'amuser avec lui, rire et la joie, c'est important. Et pas de méchanceté exprès.

 

Je veux également une relation avec quelqu'un qui se rende un peu disponible. Mais disponible non pas parce que je suis là, non pas par obligation pour moi, mais parce qu'il aime pour lui-même être disponible de temps en temps.

 

Je ne veux pas jouer au chat et à la souris : nous méritons mieux tous les deux.

Hier, je t'ai dit ce que je pensais être pour toi : "Je ne suis pas belle, intelligente oui, mais pas belle. J'ai rajouté, que je pensais compter très peu pour toi. Et même très très peu. J'ai rajouté que je ne pensais pas que tu m'aimais et enfin que j'étais étonnée que tu aies parlé de moi à un de tes meilleurs amis".

 

Ta réponse sur l'amour a été claire : tu as besoin de temps et tu travailles cela en psy. Aujourd'hui tu ne sais pas si tu m'aimes ou si tu ne m'aimes pas.

Mais pour le reste, ta réponse a été de rire et de dire que ce que je disais c'est ce que j'avais dans la tête. Que c'étaient mes ressentis. Mon interprétation. Oui, certes, c'est vrai, c'est cela que j'ai dans ma tête. Bien entendu qu'il s'agit de mon interprétation. Mais ne penses-tu pas que j'aurais aimé savoir ce que toi tu avais dans la tête à ce sujet et bien entendu, ce que tu as dans la tête aujourd'hui et pas il y a un mois quand tu as peut-être annoncé à ton ami que j'existais ?

Et je suis d'accord qu'il s'agit d'une interprétation de ma part. Tout ce que j'ai en moi n'est-il pas une interprétation de la réalité ? Et d'ailleurs, la réalité existe-t-elle ou n'est-ce qu'un ensemble d'interprétations ? Mais tu sais, moi je sais bien qu'il ne s'agit pas uniquement d'une interprétation.

 

Il est étrange n'est-ce pas que je te quitte alors que je t'aime. C'est la première fois que j'aime un homme et je te remercie tant de m'avoir permis de sentir cet amour et d'avoir permis que mon amour s'exprime. Je dis bien sentir cet amour. J'insiste, malgré nos discussions à ce sujet. Car pour moi, l'amour est une sensation. Une sensation qui nous dit : "tiens, j'ai envie de projeter mon amour sur cette personne et de vivre (de matérialiser) mon amour au travers de lui et avec lui". L'amitié c'est sans relation sexuelle. L'amour c'est avec relations sexuelles. L'amour appartient et est à celui qui le ressent. Ce que j'ai constaté, c'est que cela donne beaucoup de joie. C'est bon, que la relation continue ou pas.

L'amour des parents ou des enfants, c'est autre chose pour moi.

Quant à l'Amour sublimation, j'ai du mal avec cela et je veux bien que certains l'aient rencontré. Mais j'y crois très peu et même pas du tout. C'est pour moi comme aimer une statue ou une idole. Je trouve que cela n'a pas beaucoup d'intérêt pour un être vivant.

Je ne dis pas que tout ce que je dis est la vérité pure et dure, c'est juste ce que je pense.

 

Je te remercie donc et suis si heureuse d'avoir enfin pu connaître et sentir cet amour. C'est toi qui as permis cela. Quel cadeau tu m'as fait.

 

Je garde aussi le parfum. Merci d'avoir eu l'envie de chercher et d'avoir trouvé ce cadeau génial. Je le garderai longtemps et en profiterai et en reprofiterai.

 

J'ai eu tant de plaisir aussi à partager un travail avec toi ; informatique, compta. Oui, j'ai passé là de très bons moments. Et grâce à toi, je me suis remise à programmer. Sache que j'ai toujours détesté cela et maintenant, j'aime faire des outils pour moi. Et cela me sert dans mon travail.

 

Et puis il y a eu les promenades en forêts, la première fois que je regarde les étoiles avec un homme, j'ai appris à faire de la bicyclette, j'ai refais de la moto. Pour moi qui commençais à m'encrouter, je suis revenue 20 ans en arrière. Et j'ai vu que rien n'avait changé. Que mon corps permettait toujours tout cela.

 

Et puis tes messages, l'attention que tu as bien voulu me donner, les réparations que tu as faites chez moi m'ont donné une si grande joie. Peu de gens ont fait cela pour moi. Je n'oublierai pas.

 

Et le plus important : psychologiquement, j'ai eu envie d'avancer et mes jambes bloquées si longtemps ont enfin bougé et même complètement changé. C'est grâce à toi Luigi, c'est toi qui as permis que j'ai envie de continuer de grandir.

 

Et je n'oublie pas la rencontre avec Marius et Jeannette. Nous ne nous sommes pas rencontrés beaucoup. Mais j'ai tout de suite senti combien tous deux étaient des personnes de valeur profondément humaines. Des personnes rares. Ils t'aiment beaucoup et j'ai aussi beaucoup apprécié cela chez eux.

 

Quand j'écris tout cela, je m'aperçois de combien tu es quelqu'un de riche et de combien à tes côtés j'ai appris. Alors merci pour tout cela. Merci.

Et j'espère que moi aussi j'ai pu permettre que tu apprennes certaines choses.

 

Je voudrais terminer et parler du fait que je n'attends pas que ton travail psychologique avance pour arrêter notre relation. Non, je n'attends pas. Je ne peux pas attendre. Si j'attendais simplement que tu sois prêt ou d'ailleurs pas prêt, nous serions encore dans un phénomène de fusion. Cette relation où je t'attendrais ne pourrait pas être une relation qui s'adresse à une personne différenciée qui vit et qui existe à part entière. Et si j'acceptais à nouveau ce phénomène de fusion, nous le savons tous les deux, ce serait à nouveau l'enfermement. Je ne veux pas m'enfermer. Je ne peux plus m'enfermer.

 

Alors Luigi, je m'éloigne et j'arrête cette relation. J'arrête. Elle n'est ni bien pour toi, ni bien pour moi.

 

Alors Luigi peut-être à plus tard,

 

Peut-être pourrions-nous être amis (plus tard) ?

 

Mélusine

Publié dans LLV - 6 - Les ruptures

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Jehoël de la Croix-Jugan 04/06/2016 16:01

Hélas... oui.