16 / 08 - 23 : 10 - Carnet d'émotions...

Publié le par Luigi MANATA

Hier, il y avait un "feu d'artifices"… comme ces mots disent bien ce qu'ils désignent : une imitation, un artefact de splendeurs et de merveilles qui, malgré toutes les lumières déployées, a eu pour seul effet, à 23 heures, de me réveiller complètement, alors que j'étais doucement en train de m'assoupir devant la télé.

 

Après un tour en ville jusqu'à la fête foraine (comme pour me persuader que je ne manquais rien), je suis monté au Pic du Midi.

 

Là étaient les vraies merveilles. Depuis combien de temps je n'avais pas vu ça, depuis combien de temps je ne m'étais pas senti tout petit petit Luigi (5 millions d'années) face à l'insondable mystère de la vie et de ses splendeurs infinies. La voûte céleste remplie d'étoiles, une vue panoramique à 360° sur les montagnes sombres, au loin les lumières de quelques villages, dans la nuit des phares d'auto qui cherchent leur chemin, … quand je pense qu'en ville il faut payer son entrée au planétarium pour voir une imitation de ciel, quand je pense que le peuple préfère les lumières des fêtes foraines, quelle misère…

 

Je me suis allongé dans l'herbe, les yeux dans le ciel scintillant et je me suis passé "Spiritus" sur le lecteur de CD. Un concert grandiose, dont aucune salle de spectacle ne pourra jamais restituer les émotions. Béatitude mystique, sentiment de plénitude, émotions qui emportent tout… pourquoi, encore une fois, est-ce que je ne partage pas ça avec des gens que j'aime. Pourquoi suis-je encore seul ?

 

J'ai fait des vœux à chaque étoile filante, des dizaines, mais je sais bien que certains ne se réaliseront jamais. Je voudrais que mon frère revienne, Papa, la Grazia, zio Carlo, Yves, mon parrain Jean-Pierre, André, Mémé, la Oneglia, la Lina, la Edina, la Liglia, Guglielmino, … tous ces êtres qui ont marqué ma vie, que j'ai aimés, parfois mal, mais jamais avec indifférence. Où sont-ils ? Est-il possible qu'ils aient été comme ces étoiles filantes ? Poussière tu redeviendras poussière ; sans rien laisser d'autre à ceux qui les ont aimés que des souvenirs de bonheur et cette peine au cœur. "Il n'y a pas de manque dans l'absence. L'absence est une présence en soi" (Le Club Laborde)... Oui, vous me manquez, autant que les vivants. La pensée peut vous faire revivre, mais le réel s'y oppose, la réalité est un désespoir sans fin. Et quand je disparaîtrai à mon tour, quand je vous rejoindrai (mais où ?), qu'est-ce que je laisserai et à qui ?... La pensée ne peut pas admettre qu'elle disparaîtra un jour, comme si elle n'avait jamais existé, alors il faut bien se raconter des fables ou se donner l'illusion que nous continuerons à vivre à travers nos enfants… mais je n'ai pas d'enfants…

 

Puis, il y a eu les vœux du jour : Hestia, l'enfant que nous désirions, pourquoi ne sont-ils pas avec moi ?… des deuils, toujours des deuils ; toutes mes errances que je voudrais cesser, … et ceux de l'espoir ; ceux-là je les garde pour moi.

 

Puis le concert s'est terminé et j'ai enlevé les écouteurs. En sortant de mes rêveries, et alors que je me croyais seul, il y avait dans le lointain, un groupe de jeunes gens, garçons et filles, qui riait à gorge déployée. Je les ai enviés de tant d'insouciance. On aurait pu croire qu'ils se moquaient de moi, de mes états d'âme et de mes interrogations existentielles. Mais au fond ce sont eux qui ont raison de rire, nous avons si peu de temps.

 

@ +

 

Luigi

Commenter cet article